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Canada - 12 juin 2020

Une stratégie industrielle axée sur les défis canadiens

Alors que le Canada entrevoit la fin de la crise de la COVID-19, il est confronté à de nouveaux impératifs commerciaux : les actifs intangibles constituent désormais la pierre angulaire de la concurrence, et la « guerre froide » technologique entre les États-Unis et la Chine modifie la donne géopolitique. Par conséquent, le Canada doit développer une stratégie industrielle audacieuse et adaptée, avance un nouveau rapport du Forum des politiques publiques, Une nouvelle étoile polaire 2.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité..

Prolongeant la réflexion qu’ils avaient amorcée dans leur premier rapport.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., les auteurs estiment que le Canada devra tirer profit du :

  • passage à une économie immatérielle, qui a pour moteur des actifs intangibles tels que la propriété intellectuelle, les logiciels, les données et les marques, et qui transforme les sources de valeur économique et les personnes qui y participent;
  • cadre multilatéral libéral en déliquescence, qui donne lieu à une accélération du découplage américano-chinois et entraîne une montée du nationalisme économique et un regain d’intérêt pour la résilience des chaînes d’approvisionnement et la capacité de production nationale.

La stratégie industrielle proposée, qui est axée sur les défis à relever, utiliserait les enjeux sociétaux pressants pour tirer parti d’avantages compétitifs (et exportables) :

  • être focalisée sur l’ensemble du continuum de l’innovation;
  • tirer parti de la force du Canada en matière de capital humain;
  • mettre en œuvre une stratégie de recherche et développement (R-D) et de commercialisation pour l’économie immatérielle.

Selon le rapport, « la capacité du Canada à tirer parti de son capital humain et intellectuel pour commercialiser des produits et services canadiens est le principal facteur qui déterminera sa croissance, sa productivité et l’amélioration du niveau de vie de sa population dans l’économie du 21e siècle ».

Mais pour y parvenir, le Canada devra adapter son cadre de politiques publiques à l’évolution des réalités économiques. Selon les auteurs, l’écosystème d’innovation canadien n’a pas réussi à commercialiser ses « actifs d’innovation » et à aider les entreprises à se développer et à prendre de l’expansion. Par conséquent, la propriété étrangère des inventions canadiennes a plus que doublé en 10 ans, ce qui a créé un déficit de brevets croissant.

Alors que le Canada dépense déjà des milliards de dollars par année en programmes industriels et qu’il adopte des politiques qui privilégient certains secteurs par rapport à d’autres, la vraie question que l’on doit se poser est la suivante : est-il préférable d’avoir une politique industrielle fragmentée et involontaire ou une stratégie industrielle ciblée et intentionnelle?

Les détracteurs des politiques industrielles soutiennent donc que la politique gouvernementale devrait être « horizontale » plutôt que « sélective » et se concentrer sur l’amélioration de la productivité dans l’ensemble de l’économie plutôt que de mettre l’accent sur des secteurs particuliers. Toutefois, à la suite de la COVID-19, les appels à une stratégie industrielle se multiplient au Canada et ailleurs. Les auteurs préconisent cinq principes clés de conception et de mise en œuvre des politiques qui peuvent guider les décideurs politiques canadiens :

  • Une politique industrielle doit inclure un « processus de découverte » souple impliquant la participation du gouvernement et du secteur privé dans les relations émergentes en matière de R-D et de chaînes d’approvisionnement.
  • Une politique industrielle doit cibler un écosystème de secteurs ou de sous-secteurs particuliers plutôt que des entreprises individuelles.
  • Une politique industrielle doit favoriser la concurrence plutôt que protéger les entreprises nationales de leurs concurrents internationaux.
  • Le gouvernement doit avant tout faciliter les partenariats en R-D et la coordination des chaînes d’approvisionnement plutôt que le financement direct des entreprises individuelles.
  • Les choix politiques inhérents à une stratégie industrielle doivent s’appuyer sur des critères clairs et transparents plutôt que sur des caprices politiques.

L’approche préconisée par les auteurs allierait les forces du marché aux impulsions des pouvoirs publics afin de faire avancer les priorités sociétales transsectorielles du Canada à long terme (lutte contre les changements climatiques, connexion des villes et des communautés, services pour une population vieillissante, etc.). Une approche incohérente en matière de politique économique placera le Canada à la queue du peloton et, au bout du compte, nuira au niveau de vie de sa population.