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Chine - 14 juin 2019

La Green China Inc. offre des occasions d'affaires majeures aux entreprises occidentales

Selon Brookings, la Chine propulse le développement de l'économie verte avec une détermination si forte qu'elle éveille les soupçons, voire les craintes, des pays occidentaux.

Cependant, au lieu de craindre ce qu'on appelle la Green China Inc. et de chercher à contrer ses ambitions, il serait préférable, selon Brookings, de profiter des immenses chances de développement économique offertes par le virage vert du géant asiatique.

Les progrès accomplis par la Chine ces dernières années dans la promotion des technologies propres sont plus que remarquables. À titre d'exemple, même si l'économie verte est encore beaucoup plus petite que l'économie traditionnelle, la Chine peut se vanter d'y avoir ajouté 53 gigawatts d'énergie solaire en 2017, ce qui représente un peu plus de la moitié de la capacité solaire totale du monde cette année-là.

En 2017, la Chine a réalisé 45 % des investissements totaux en énergie renouvelable, c'est-à-dire 126,1 milliards de dollars américains. Hormis l'énergie solaire, elle investit fortement dans de multiples secteurs de l'énergie propre, notamment les voitures électriques.

Les ventes de ce type de voitures, dont la moitié est fabriquée en Chine, ont augmenté de 57 % en 2017 pour atteindre 1,1 million de véhicules. Notons au passage que la fabrication de ce type de véhicules électriques est une priorité du programme « Made in China 2025 », qui vise à consolider l'hégémonie de la Chine dans 10 industries de haute technologie.

Bien que les énergies propres aient été conçues dans d'autres pays – le Japon et l'Europe ont été les premiers à verser des subventions pour le développement des technologies éoliennes et solaires – la Chine a accéléré massivement leur développement. À l'heure actuelle, l'expansion mondiale du secteur des énergies propres est un élément central, à long terme, de la stratégie de croissance macroéconomique de la Chine.

Ce dynamisme n'est pas sans inquiéter les pays occidentaux. Ceux-ci voient dans l'emprise grandissante de la Chine sur les industries à faible émission de carbone une menace à leur sécurité nationale et une concurrence commerciale pouvant compromettre la rentabilité de leurs entreprises.

D'ailleurs, les gouvernements occidentaux estiment que la Chine inonde les marchés internationaux avec des technologies propres de qualité douteuse, ce qui risque de retarder de plusieurs décennies le développement de solutions innovantes. Dans cette perspective, c'est à l'Occident que revient la responsabilité d'effectuer les percées technologiques nécessaires pour lutter efficacement contre le changement climatique.

Brookings est d'avis que cette position est sans avenir, car la fortification du virage vert de la Chine offre une multitude de chances aux entreprises occidentales. Qui plus est, malgré les querelles commerciales, Brookings estime que Pékin, Bruxelles et Washington doivent se concerter pour atteindre l'objectif fondamental de rentabiliser les investissements en énergie propre.

Plus précisément, les occasions d'investissements pour les entreprises occidentales se présentent dans quatre domaines précis :

  1. Le marché chinois des voitures électriques : en avril 2018, le président Xi a annoncé que la Chine ouvrirait son marché de l'automobile aux entreprises étrangères sous forme de partenariats. De plus, le pays s'est engagé à réduire considérablement les tarifs douaniers perçus sur les importations d'automobiles.
    Cette ouverture se concrétiserait par étapes. Le marché des voitures électriques serait ouvert en 2018, celui des véhicules utilitaires, en 2020 et le marché des voitures particulières en 2022. Selon Brookings, cette ouverture a été largement interprétée comme une tentative de désamorcer les tensions commerciales avec les États-Unis.
    En janvier 2019, le constructeur Tesla a annoncé l'ouverture d'une usine à Shanghai. Cependant, l'entreprise a souligné qu'elle ne fabriquerait pas de voitures en Chine, sauf si elle avait la chance de le faire de façon autonome pour éviter de perdre sa propre technologie dans un partenariat avec une entreprise chinoise.
  2. Le marché des énergies propres de la Chine : en juin 2018, l'entreprise Apple a annoncé qu'en partenariat avec dix autres fournisseurs, elle prévoyait investir près de 300 millions de dollars au cours des quatre prochaines années dans des projets d'énergie renouvelable. L'objectif est de compenser les émissions de carbone provenant de sources non renouvelables qui permettent les activités d'Apple et de ses fournisseurs en Chine.
    Une autre entreprise occidentale, EDF Renewables.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., une unité du groupe français EDF, investit dans différents projets afin de profiter de la détermination de la Chine à nettoyer son système électrique. Les fonds Apple et EDF sont gérés par DWS Group, un gestionnaire d'actifs basé en Allemagne, qui gère près de 700 milliards d'euros d'actifs et qui est détenu majoritairement par Deutsche Bank.
    Un autre exemple est celui de l'entreprise californienne SunPower.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., qui fabrique des panneaux solaires de haute performance – principalement en Malaisie, au Mexique et aux Philippines – pour fournir le marché mondial. Cependant, la demande sur le marché chinois est comblée par un partenariat entre SunPower et une compagnie chinoise.  
  3. Le nettoyage de la pollution de l'air en Chine : la pollution de l'air dans certaines villes chinoises – qui dépasse jusqu'à dix fois les seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé – représente une occasion d'affaires pour les entreprises occidentales ayant conçu des technologies de purification de l'air.
    De son côté, la compagnie IBM a développé un logiciel qui permet aux autorités de mieux gérer la qualité de l'air, notamment en prévoyant les interactions entre les conditions météorologiques et la pollution industrielle, et qui rend possible l'identification des contrevenants aux règles relatives à la qualité de l'air.
  4. Les investissements dans la Nouvelle route de la soie de la Chine (Belt and Road Initiative)
    Selon Brookings, la plupart des pays ciblés par la Chine dans son projet Nouvelle route de la soie – un ensemble de liaisons maritimes et ferroviaires censées connecter l'Europe et la Chine – font face à un dilemme. Ils ont besoin d'infrastructures et de financement en même temps qu'ils craignent une influence excessive de la Chine.

Dans ce contexte, il semblerait possible d'entrevoir des occasions d'affaires pour les entreprises occidentales. Par exemple, Brookings cite le cas des décideurs vietnamiens qui ont privilégié l'utilisation de la technologie occidentale pour la construction d'une fonderie après avoir estimé que l'offre chinoise était trop coûteuse.

Par ailleurs, l'Administration Trump semble, selon Brookings, s'être engagée à aider les entreprises américaines à tirer profit des possibilités offertes par les projets d'infrastructure chinoise. Elle compte mettre en place le groupe de travail – appélé « Nouvelle route de la soie » – à l'ambassade des États-Unis à Beijing. 

Pour Brookings, le constat est donc clair : les entreprises occidentales ont bien plus à gagner en aidant la Chine à réussir son virage vert qu'en essayant de le contraindre, même si cette position est aux antipodes du discours politique des gouvernements occidentaux.

Pour en savoir davantage sur ce sujet : Grow Green China Inc. How China's epic push for cleaner energy creates economic opportunity for the West.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité.