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International - 12 novembre 2018

Le nearshoring et l’avenir de l’industrie de la fabrication de vêtements

La Chine et le Bangladesh sont les deux plus gros fournisseurs de vêtements en Europe alors que pour les États-Unis, c'est la Chine et le Vietnam. Cependant, près du quart des responsables de l'approvisionnement en vêtements qui ont participé à une étude de McKinsey & Company.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. ont déclaré qu'ils s'attendent à ce que plus de la moitié des vêtements qu'ils achètent proviennent du nearshoring.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. d'ici l'année 2025. Cela signifie qu'une grande partie de la production destinée aux pays occidentaux quittera l'Asie pour s'implanter dans les pays voisins des consommateurs.

Comment le marché change-t-il?

Selon McKinsey, il s'est produit un changement dans la façon dont les consommateurs achètent leurs vêtements et adoptent des styles. Autrefois, l'approche du « push » était privilégiée, c'est-à-dire que les entreprises proposaient les tendances de l'heure aux consommateurs et ceux-ci choisissaient en fonction de ce qui était proposé. Aujourd'hui, nous assistons davantage à la montée de l'approche « pull » : les consommateurs dictent les tendances sous l'influence des médias sociaux, de leurs pairs, des célébrités et ainsi de suite, et l'industrie s'adapte à cette demande.

De plus, la vente en magasin était jadis indispensable pour la présentation des produits et la gestion des volumes vendus, mais il n'existe plus de lien entre ceux-ci et le succès de l'industrie du vêtement. Aujourd'hui, le passage au commerce en ligne et l'arrivée de nouveaux modèles d'affaires accentuent la volatilité des ventes sur le marché de la mode.

La convergence de ces basculements du marché signifie que la vitesse et l'agilité sont désormais des considérations centrales pour les joueurs de l'industrie du vêtement. En réduisant les délais d'introduction des produits sur le marché, les entreprises peuvent réagir aux tendances naissantes.

Le reshoring et le nearshoring

Au cours des dernières décennies, les entreprises de vêtements américaines et européennes ont confié l'essentiel de leurs activités de fabrication à la Chine et à d'autres pays asiatiques afin de tirer parti des bas coûts de la main-d'œuvre.

Aujourd'hui, le modèle de délocalisation est difficilement compatible avec le nouveau besoin de rapidité et d'agilité des entreprises. Par exemple, le transport de marchandises par bateau en provenance d'Asie vers les marchés occidentaux prend généralement 30 jours. Dans ce contexte, le nearshoring s'impose comme solution pour les entreprises.

Ces dernières années, plusieurs fabricants de vêtements de marque ont rapatrié une partie de leur production à domicile pour mettre en valeur leur héritage et renforcer leur contrôle sur les chaînes d'approvisionnement. Par exemple, Burberry et d'autres marques de mode britannique ont déplacé une partie de leur production, car le Made in England est devenu attrayant pour les consommateurs au début des années 2000. L'entreprise Hugo Boss a fait une chose similaire en Allemagne.

Une telle relocalisation ne constitue toutefois pas une stratégie attrayante pour les producteurs de vêtements de bas et de milieu de gamme. Ils doivent constamment rechercher un compromis entre un faible coût de production et une mise en production vers des pays encore relativement bon marché, tels que le Vietnam et le Bangladesh. La part de la Chine dans les importations de vêtements a baissé à la fois dans l'Union européenne et aux États-Unis.

Selon le Reshoring Institute.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., le reshoring ou la relocalisation est le processus qui consiste à rapatrier la production manufacturière d'un pays étranger vers le pays où les produits de l'entreprise sont vendus. Le nearshoring est similaire au reshoring, sauf qu'au lieu de rapatrier l'entreprise, on la déplace plus près du pays où le produit est vendu. Par exemple, si une entreprise américaine décide de déplacer sa fabrication de la Chine vers le Mexique au lieu de la rapatrier directement aux États-Unis, il s'agit d'un cas de nearshoring.

McKinsey estime que le coût relativement bas du transport et des droits de douane rend la production d'une paire de jeans pour le marché américain moins dispendieuse au Mexique qu'en Chine. Pour le marché allemand, produire en Turquie s'avère plus rentable que de produire en Chine.

Cependant, les coûts de production à proximité des grands marchés occidentaux peuvent être un obstacle pour le nearshoring lorsqu'on établit une comparaison avec d'autres pays. Par exemple, produire au Bangladesh demeure plus rentable que de rapprocher la production en Turquie pour le marché européen ou au Mexique pour le marché américain. Dans le cas de la relocalisation complète, l'option n'est pas considérée. En guise d'exemple, rapatrier la production coûterait en moyenne 17 % plus cher pour les États-Unis et 144 % plus cher pour l'Allemagne.

Le rôle de l'automatisation

Jusqu'à maintenant, l'industrie du vêtement est à la traîne par rapport aux autres secteurs en ce qui concerne l'automatisation. Par exemple, le secteur automobile compte environ sept fois plus de robots industriels que le secteur du vêtement. Dans l'industrie de l'électronique, c'est environ quatre fois plus. Une des raisons qui expliquent cela est que les fabricants se sont appuyés sur les bas coûts de la main-d'œuvre du marché asiatique pour rester compétitifs.

Alors que la production de vêtements sur demande gagne en importance et que les technologies d'automatisation se développent, l'automatisation devient de plus en plus pertinente pour les acteurs américains et européens du vêtement, notamment dans les cas de nearshoring ou de reshoring.

En supposant que toutes les technologies clés en cours de développement soient mises en œuvre, McKinsey estime que l'automatisation pourrait réduire le temps de travail de 40 à 70 % environ. De plus, 82 % des répondants de l'étude croient que la production de vêtements simples pourrait être entièrement automatisée d'ici l'année 2025.
Avec l'automatisation de la fabrication des vêtements, le nearshoring au Mexique deviendrait concurrentiel, pas seulement pour la production qui provient de la Chine, mais aussi pour celle de marchés à faible coût comme le Bangladesh. Selon son scénario d'automatisation le plus optimiste, McKinsey estime que même la relocalisation (reshoring) à partir de la Chine pourrait être rentable.

Pour en savoir davantage sur ce sujet :