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International - 1 octobre 2018

L'application de l'intelligence artificielle dans le secteur public

Les 25 et 26 octobre prochain, des experts mondiaux de l'industrie, du monde des affaires, des universités et des centres de recherche se donneront rendez-vous à Toronto pour participer au AI for Government Summit Toronto.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. afin de discuter des derniers développements en matière d'intelligence artificielle (IA) et de leur application dans les processus gouvernementaux.

L'objectif de ce sommet est de mieux comprendre les défis d'implantation, les bénéfices potentiels et les implications éthiques pour les organismes gouvernementaux qui choisiront d'adopter des innovations comme le langage naturel, la reconnaissance vocale, la vision par ordinateur ou la robotique, par exemple.

La dernière conférence s'est déroulée à Sydney.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., en Australie, les 28 et 29 août 2017 sous le thème « Est-ce que l'IA peut accroître l'efficacité opérationnelle des gouvernements, améliorer la prestation des services et générer des gains qualitatifs pour les citoyens? »

Après l'anticipation de son potentiel dans l'accroissement de la rentabilité et de la productivité du secteur privé, l'IA éveille désormais l'intérêt des administrateurs publics. Mais concrètement, quels sont les bénéfices escomptés?

Il faut d'abord comprendre qu'avec l'application de l'IA dans la fonction publique s'amorce une nouvelle phase de développement de l'administration en ligne (e-government) que l'on appelle « perceptive ». Elle succéderait à la phase « informative », qui permettait aux citoyens d'accéder uniquement à des renseignements statiques, à la phase « interactive », qui permettait aux utilisateurs d'envoyer des courriels et à la phase « transactionnelle » dans laquelle on peut effectuer une transaction en ligne.

Le magazine Web goverment technology.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. prévoit, depuis un moment déjà, que dans cette nouvelle étape, grâce aux capacités accrues de traitement du langage, les utilisateurs n'auront qu'à exprimer un besoin administratif à haute voix, par exemple le renouvellement d'un permis de conduire, pour que des systèmes informatiques intelligents se mettent à collecter les renseignements de l'utilisateur et à coordonner automatiquement la réalisation de la transaction.

Par ailleurs, grâce à sa capacité à analyser en temps réel une panoplie de données acheminées par des dispositifs intelligents, l'IA peut contribuer à la prise de meilleures décisions qui sont moins basées sur des hypothèses que sur les faits. Il sera donc possible de concevoir de meilleures politiques publiques et d'offrir de meilleurs services à la population (evidence based services and policy) sur les plateformes les plus variées : dispositifs mobiles, sites Web, médias sociaux, lettres d'information électroniques ou services au comptoir.

Enfin, comme le mentionne un article de la Harvard Business Review.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., les processus compliqués et routiniers sont souvent ciblés comme un facteur de démotivation qui décourage les employés du gouvernement. Dans ce sens, l'élimination des tâches administratives ennuyantes favoriserait un comportement plus créatif et la mise à profit plus fréquente de compétences plus humaines telles que l'empathie, la créativité et la pensée latérale.

Toutefois, quoique le potentiel de l'IA n'ait pas à être démontré, on se demande quels sont les domaines où elle pourrait changer de manière considérable les processus gouvernementaux.

À ce sujet, Bernd W. Wirtz, Jan C. Weyerer et Carolin Geyer, dans leur analyse Artificial Intelligence and the Public Sector-Applications and Challenges.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. (24 juillet 2018), signalent que même si l'on anticipe une réduction de la charge administrative, les applications de l'IA dans le secteur public « sont encore peu connues, de même que les écarts entre les attentes des citoyens et les capacités gouvernementales en matière d'IA (Mehr, 2017) ».

Ainsi, quoique la recherche reste prudente, on fait le constat que le savoir-faire développé dans le secteur privé pourrait être transféré au secteur public dans quelques domaines précis, à savoir :

  • Les systèmes d'automatisation intelligente des processus : l'IA peut effectuer des tâches avec une qualité constante dans des conditions d'imprévisibilité. L'automatisation peut inclure :
    • l'évaluation fondée sur des règles, le traitement du flux de travail,
    • les suggestions basées sur des schémas de catégorisation de problèmes,
    • l'exploration de données,
    • le raisonnement basé sur des cas
    • l'analyse des données des dispositifs intelligents.

     

Dans le secteur public, ces attributs de l'IA pourraient être utilisés notamment pour automatiser le traitement des demandes d'immigration afin qu'il soit plus rapide et d'une plus grande qualité. De même, il serait possible d'automatiser le diagnostic des images ou d'optimiser des tâches répétitives comme la saisie de données.

  • L'analyse prédictive et la visualisation des données : à partir de l'analyse des ensembles de données volumineuses, qualitatives et quantitatives, l'IA pourrait émettre des hypothèses prédictives et normatives en vue d'améliorer la prise de décisions.

Cette technique pourrait être utilisée, par exemple, pour la surveillance des espaces publics afin de détecter les situations à haut risque et de prévenir la criminalité de même que les actes terroristes.

  • L'analyse d'identité : il s'agit de l'utilisation combinée de logiciels, de techniques avancées d'analyse de données volumineuses et de gestion des identités pour automatiser les protocoles d'accès aux systèmes informatiques et établir des contrôles basés sur les risques potentiels.

Les logiciels de reconnaissance visuelle permettraient de vérifier l'identité de criminels dans les lieux publics. De plus, ils rendraient possible la sécurisation des données gouvernementales.

  • Les agents virtuels : ce sont des logiciels qui interagissent avec les êtres humains à l'aide des techniques d'analyse du discours, de la vision par ordinateur et de la saisie de données. D'autres moyens d'interaction peuvent inclure les systèmes universels de traduction en temps réel et le traitement du langage naturel ainsi que l'informatique affective, c'est-à-dire des capacités de reconnaissance et de modélisation des émotions. Les agents virtuels comprennent les avatars et les chatbots.

Les agents virtuels permettront aux gens d'interagir plus naturellement avec les services gouvernementaux numériques. Par exemple, un agent virtuel pourrait agir comme un assistant d'infirmier tandis qu'un autre aiderait les demandeurs d'asile à remplir et à rechercher des documents dont ils ont besoin.

  • La robotique cognitive et les systèmes autonomes : ce sont des systèmes d'information munis de fonctions cognitives de haut niveau, ce qui implique des capacités de représentation de la connaissance et d'apprentissage. Lorsqu'ils sont jumelés à l'informatique affective, ces systèmes ont la capacité de s'adapter au comportement émotionnel des êtres humains. 

Ces systèmes sont déjà utilisés dans les véhicules autonomes électriques. On peut aussi recourir à cette technologie dans la chirurgie assistée par des robots. 

L'utilisation de l'IA dans le secteur public n'est toutefois pas sans risques. Selon Wirtz, Weyerer et Geyer, il existe quatre défis majeurs, à savoir :

  • La mise en œuvre de la technologie de l'IA : cela comprend d'abord les complexités associées à la sécurité de l'information. Toutefois, les risques concernent surtout le contexte d'implantation. La performance des systèmes d'IA est étroitement liée à leur environnement d'apprentissage. Il est possible que des circonstances particulières créent un contexte d'apprentissage négatif pour les systèmes d'IA, et cela peut induire un comportement sous optimal, voire risqué, avec le temps. Le défi est alors de créer des systèmes d'IA qui résistent à la manipulation humaine.

Un autre défi pour le secteur public est de trouver des spécialistes suffisamment formés pour déployer ce type de systèmes. L'alimentation de l'IA en données de qualité nécessite une expertise et des compétences très précises. Une implantation réussie exige alors des capacités de collecte, d'agrégation, d'entreposage et d'utilisation optimale. Inversement, des données inexactes ou médiocres n'ajouteraient pas de valeur au fonctionnement du secteur public.

  • Loi et réglementation de l'IA : il s'agit de définir les lois et règlements qui assureront une gouvernance appropriée de l'IA afin de contrôler son impact social et économique. Il est question ici des aspects liés, par exemple, au respect de la vie privée des citoyens, c'est-à-dire ce qui concerne la protection de la confidentialité de leurs données. Un autre aspect clé de la gouvernance est l'imputabilité. Il fait référence à l'identification de qui est responsable des décisions prises par les systèmes d'IA.
  • L'éthique de l'IA : cet aspect concerne les conséquences éthiques et morales du développement de certaines applications de l'IA, telles que les armes autonomes. Du même coup, il est question de réfléchir à la meilleure façon d'intégrer des principes éthiques dans les systèmes d'IA pour s'assurer qu'ils peuvent agir moralement.
  • La société et l'IA : les effets potentiellement néfastes de l'IA sur l'humanité suscitent des angoisses et des craintes. Des chefs de file de la recherche et de l'industrie, tels que Stephan Hawking ou Elon Musk, ont exprimé leurs préoccupations et préconisent le développement d'une IA bénéfique pour l'être humain.

Pour en savoir davantage sur ce sujet :