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International - 19 mai 2020

La mondialisation et la résilience nationale peuvent coexister malgré la COVID-19

La pandémie de la COVID-19 a renforcé la main de ceux qui s’opposent depuis longtemps à l’ouverture économique entre les pays. Lorsqu’un nouveau virus vient en un rien de temps perturber les sociétés partout dans le monde, l’argument selon lequel nous devons réduire la mondialisation par souci de résilience nationale devient attirant. Mais il s’agit d’un faux choix qui doit être combattu, sinon il nous égarera lorsque nous établirons une politique à la sortie de la crise, avance l’analyste Martin Sandbu.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. du journal Financial Times.

À première vue, toutes nos vulnérabilités actuelles semblent enracinées dans la mondialisation. Certains soutiennent que nous sommes devenus trop interdépendants, que nous comptons sur la Chine pour notre équipement médical et que nous nous retrouvons impuissants lorsque les chaînes d’approvisionnement tombent en panne. Dans une tribune.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. publiée sur le site Challenge, par exemple, cinq économistes français de renom estiment, en effet, que la France doit repenser sa politique industrielle (et s’attaquer à son « offre ») pour réduire son énorme dépendance dans le domaine sanitaire. Très concrètement, cela signifie qu’elle doit développer des chaînes régionales de valeur dans l’industrie sanitaire, relocaliser une part de l’industrie des principes actifs et assurer une meilleure maîtrise de l’industrie du médicament pour combattre les pénuries récurrentes.

D’autres se demandent même si la crise du coronavirus ne sonnera pas la fin du capitalisme néo-libéral. Dans une note confidentielle datant du 30 mars 2020 et rapportée.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. dans le journal français La Tribune, la banque Natixis estime que la crise du coronavirus provoquera très probablement le retour à des chaînes de valeur régionales plutôt que mondiales. Et de prédire la « déglobalisation des économies réelles » avec pour preuve le fort recul des investissements directs vers la Chine et leur stagnation vers les autres économies émergentes. La note prévoit aussi qu’une « revalorisation d’une approche stratégique de l’économie est attendue, avec un État intervenant pour définir et développer les industries stratégiques (pharmacie, nouvelles technologies, énergies renouvelables...). Une situation de dépendance comme celle qui existe pour les médicaments vis-à-vis de la Chine ou de l’Inde ne va plus être acceptée ».

Toutefois, si les maladies se propagent à travers nos routes commerciales, il en va de même des connaissances et des ressources qui peuvent les combattre, objecte Martin Sandbu. Quelques semaines après l’apparition du coronavirus, par exemple, des scientifiques chinois avaient déjà séquencé son génome.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. et partagé leurs connaissances avec le monde entier.

Certes, la résilience nationale contre une épidémie (et d’autres calamités telles que la guerre) exige qu’un pays ait un accès sécurisé aux biens essentiels. Mais comme l’illustre la Suisse.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. avec ses énormes réserves, rien ne nous empêche de constituer des stocks collectifs de produits de première nécessité, que ce soit des denrées alimentaires, des médicaments ou du matériel médical. La difficulté ici est d’un ordre différent : la réticence des politiciens à payer le prix pour stocker des produits qui ne seront peut-être jamais utilisés et pour garder des dépôts bien approvisionnés.

La mondialisation n’empêche pas non plus les gouvernements d’exiger une certaine résilience des entreprises privées. Depuis la crise financière de 2008, de nouvelles règles ont contraint les banques à conserver des « stocks » d’actifs liquides en cas de rupture de leurs engagements. Les entreprises des secteurs clés pourraient également être tenues de conserver des dépôts de produits essentiels (au Royaume-Uni, cela s’est produit au gré des préparatifs.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. d’un Brexit imprévisible).

Certains économistes vont plus loin et veulent assurer une capacité nationale de produire ce qui est nécessaire, plutôt que de simplement stocker des importations. Mais pour la plupart des pays, le coût de l’autosuffisance pour toutes les éventualités est prohibitif. Plutôt que de produire une gamme complète de tout, le meilleur pari pour les États est de se regrouper avec des pays partenaires de confiance, dans l’espoir que tout ce qui est produit dans le plus grand bloc sera toujours accessible aux autres membres. C’est, bien sûr, l’idée derrière l’Union européenne.

Les plus grandes économies pourraient vraisemblablement s’en tirer avec un plus haut degré d’autarcie. Mais regardez attentivement : il est remarquable de voir à quelle vitesse les fabricants nationaux aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et ailleurs ont rapidement rééquipé les usines pour produire ce qui est nécessaire pendant la crise. Donc, si la fabrication peut être inversée en quelques semaines, même dans les pays où la planification gouvernementale est inadéquate, le manque supposé de capacité de production essentielle est une chimère.

La pandémie de la COVID-19 a clairement pris de court la plupart des pays. Mais c’est en maîtrisant plus intelligemment la mondialisation, et non en lui tournant le dos, qu’ils renforceront leur résilience nationale.