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International - 19 mai 2020

Anticiper les vagues de « contagion et de réinfection » des chaînes d’approvisionnement

Étant donné que les fabricants du monde entier dépendent des intrants chinois, les perturbations industrielles chinoises frappent d’autres pays en passant par la « contagion de la chaîne d’approvisionnement ». Alors que la Chine se redresse après avoir maîtrisé la première vague épidémique, les explosions de cas chez les deux autres géants de la fabrication, l’Allemagne et les États-Unis, sont susceptibles de créer une contagion inversée de la chaîne d’approvisionnement, soit l’équivalent industriel de la réinfection. C’est la thèse avancée par Richard Baldwin, professeur d’économie internationale à Genève, et par Rebecca Freeman, associée commerciale au Centre for Economic Performance.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., dans une analyse.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. diffusée sur le portail européen en recherche économique VOX.

Cinq points sont à retenir :

  • Le premier choc est venu des mesures de confinement pour ralentir le taux d’infection. En éloignant les travailleurs du travail, ces mesures ont réduit expressément la production.
  • Le deuxième choc est venu du choc des attentes, qui a nui à la demande de produits manufacturés.
  • Du côté de la demande, une baisse des revenus d’une nation réduit ses importations en provenance de ses partenaires commerciaux.
  • Du côté de l’offre, une interruption dans la production d’un pays se traduit par une réduction de ses exportations vers ses partenaires commerciaux.
  • Le commerce des chaînes de valeur mondiale est beaucoup plus régionalisé que le commerce des produits finaux. Cela suggère que la contagion de la chaîne d’approvisionnement sera surtout régionale et non mondiale.

Les répercussions de la COVID-19 sur la fabrication mondiale seront différentes de l’effet d’autres pandémies au cours des 100 dernières années. En raison de la nature complexe des réseaux d’approvisionnement d’aujourd’hui, la fabrication mondiale est particulièrement exposée. La contagion liée au commerce se répercutera sur les pays dont la production dépend – directement et indirectement – des intrants manufacturiers des uns et des autres.

Contrairement aux crises précédentes, la première phase de contagion ne devrait pas être la fin de l’histoire. Alors que la COVID-19 frappe les principaux pôles mondiaux de la chaîne de valeur successivement, la contagion de la chaîne d’approvisionnement, elle, fonctionne à l’envers : le choc lié à l’offre qui trouve son origine en Chine finira par s’y faire sentir en raison de la dépendance de cette dernière envers les intrants des autres pays.

Une coordination internationale concernant les exceptions dans le contexte du confinement pourrait être utile. Tous les pays prévoient des exceptions à leurs politiques visant les biens essentiels. Puisque les partenaires commerciaux dépendent grandement d’intrants clés, la définition « d’essentiel » devrait être élargie. En ce sens, ce serait une question d’intérêt personnel éclairé. Les États-Unis pourraient avoir besoin de la Chine et de l’Inde pour continuer à faire tourner les usines qui fabriquent « l’ingrédient actif pharmaceutique », tandis que la Chine et l’Inde pourraient avoir besoin des États-Unis pour continuer à faire fonctionner les usines de semi-conducteurs.