Ouvrir ou fermer le menu de navigation

La page est en cours de chargement...  

obtenir du financement

s'améliorer

créer des liens

se conformer

exporter

s'informer

études et analyses

Le marché du transport et des liaisons maritimes entre le Québec et l’Espagne

Introduction

L'Espagne occupe le troisième rang des pays de l'Union européenne en ce qui concerne la longueur de ses côtes (après la Grèce et le Royaume-Uni). Sa situation géographique, au carrefour de trois continents et à proximité de l'une des voies maritimes les plus importantes du monde (le détroit de Gibraltar), lui donne des avantages pour se consolider comme une zone stratégique dans le transport maritime international et comme une plate-forme logistique en Europe du Sud.

L'Espagne est donc une plaque tournante de premier ordre grâce à sa position centrale, entre l'Est et l'Ouest, dans les grandes routes mondiales du transport maritime. Porte d'entrée des flux de marchandises partant des Amériques et de l'Asie pour se rendre en Europe, ce pays constitue aussi une porte de sortie pour les exportations européennes. C'est ainsi que la Méditerranée, dont l'Espagne est l'un des principaux accès, devient un marché en émergence pour les ports québécois.

Le système portuaire espagnol comprend 46 ports généralistes, gérés par 28 administrations portuaires. La coordination, le contrôle et l'exécution de la politique portuaire sont attribués à Puertos del Estado.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité., un organisme public appartenant au ministère des Infrastructures, du Transport, du Territoire et de l'Habitation d'Espagne (Ministerio de Fomento).

Les occasions d'affaires

Stratégie maritime du Québec et commerce de marchandises avec l'Espagne

La Stratégie maritime du Québec a l'objectif de saisir les multiples occasions qui se présentent sur la scène mondiale du transport maritime afin de contribuer à la reconnaissance du Québec en tant que véritable plaque tournante du trafic transatlantique. Par conséquent, l'évolution de la situation en Europe est en ligne de mire et l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'Union européenne.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. détient une grande importance.

De plus, il faut signaler l'avènement d'une plus grande capacité de transport à travers deux points névralgiques du commerce maritime mondial : l'agrandissement des écluses du canal de Panama et l'élargissement du canal de Suez.

Investissements chinois

Outre le poids de l'Atlantique Nord dans les échanges entre le Canada et l'Europe, le développement du Sud-Est asiatique augmente les chances d'accroître graduellement l'importance logistique des ports méditerranéens par rapport à ceux du nord de l'Europe. L'intérêt croissant de plusieurs entreprises publiques chinoises pour les ports de la Méditerranée se confirme effectivement avec l'acquisition du port du Pirée, en Grèce, par le conglomérat public Cosco (China Ocean Shipping Company.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité.), mais aussi avec le projet du grand port d'El Hamdania, en Algérie. En Espagne, déjà, les propositions chinoises d'investissement dans le port de Valence ou les investissements récents au port de Barcelone pourraient tous être englobés dans une vision d'ensemble de la Chine pour établir une route de la soie maritime.

Canal de Suez

Pour sa part, le canal de Suez, qui fut agrandi en août 2015, s'impose comme la voie d'entrée la plus courte entre l'Europe et l'Asie, reliant la Méditerranée et la mer Rouge avec l'océan Indien. Le canal permet aux navires d'aller de l'Europe vers l'Asie sans avoir à contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Les navires exportant des marchandises de toutes sortes de la Chine vers l'Europe l'empruntent de plus en plus. Au total, 7,5 % du commerce mondial transite par cette voie. Son importance peut se comparer à celle du canal de Panama ou du détroit de Malacca.

Cet essor du trafic maritime qui emprunte le canal de Suez est à considérer quand on analyse l'augmentation du commerce entre le Québec et l'Europe, puisque l'Espagne est la porte d'entrée occidentale dans la Méditerranée, à partir du détroit de Gibraltar, alors que le canal de Suez en est l'accès oriental. En ce qui concerne le commerce avec la Méditerranée, le port de Montréal a enregistré un taux de croissance annuelle moyen de 6,3 % pour la période 2013-2015. D'ailleurs, 10,5 % du trafic maritime du port de Montréal était déjà lié aux ports méditerranéens en 2015 et 15 % de son trafic se faisait avec l'ensemble des ports européens.

On peut donc dire qu'à l'échelle mondiale, les voies de transport maritime de marchandises connaissent un processus d'alliances pour devenir plus compétitives. Les ports vont devoir faire des investissements pour s'adapter à cette situation.

Investissements du gouvernement espagnol en infrastructures

En 2014, le gouvernement espagnol a dépensé 500 millions d'euros pour permettre aux infrastructures portuaires de faire face à la demande des prochaines années. Comme le maillon faible a toujours été la connexion terrestre des ports, le gouvernement a aussi approuvé en 2015 la création d'un fonds pour l'accessibilité terrestre-portuaire1, qui prévoit consacrer 864 millions d'euros aux investissements portuaires.

D'autre part, le corridor ferroviaire méditerranéen, promu et cofinancé par l'Union européenne, reliera les principaux ports espagnols avec le reste de l'Europe, favorisant le vaste hinterland d'Espagne et rendant les ports européens de ce bassin encore plus compétitifs. L'un des objectifs du corridor est de mieux capter les flux de marchandises provenant de l'Asie et passant par le canal de Suez.

Le corridor méditerranéen devrait favoriser un certain rééquilibrage des activités entre les grands ports du nord et du sud de l'Europe. Il faut savoir que 75 % du trafic de marchandises en provenance de l'Asie et passant par le canal de Suez remonte actuellement par bateau jusqu'aux grands ports d'Europe du Nord. Les ports de la Méditerranée ne captent donc qu'un quart de ces volumes. Le projet commun du corridor méditerranéen vise à rapprocher les régions pour former une unique entité à partir d'Algésiras et de Barcelone jusqu'à Marseille et Lyon.

Investissements espagnols au Québec

Une situation géographique proche de la zone portuaire constitue un grand avantage pour de nombreuses entreprises, notamment du secteur pétrochimique et des secteurs liés aux matières premières.

Deux exemples de multinationales espagnoles qui ont saisi l'importance de l'emplacement privilégié du Québec sont FerroAtlántica.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité. et Cepsa.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité..

FerroAtlántica, premier producteur mondial de silicium métal, avait décidé en juin 2014 d'établir une usine à Port-Cartier, en Côte-Nord. La ville jouit d'une grande accessibilité par voie maritime, ferroviaire et routière, en plus de posséder un port en eaux profondes. Malheureusement, fin 2015, l'entreprise a abandonné à regret son projet à cause de la production chinoise qui fait baisser le prix du silicium sur les marchés mondiaux.

L'entreprise pétrochimique Cepsa représente un autre exemple d'investissement espagnol. En 1995, elle s'est établie dans le parc industriel et portuaire de Bécancour avec sa filiale Petresa. En 2001, elle a inauguré une importante usine d'acide téréphtalique purifié (PTA) de sa filiale Interquisa au cœur de la zone industrielle et portuaire de l'est de Montréal, en partenariat financier avec la Société générale de financement (SGF). Il s'agit d'un des plus importants sites de production de PTA dans le monde. Plus de 75 % de cette production est exportée à l'étranger, notamment aux États-Unis. En juin 2015, Cepsa a vendu sa filiale montréalaise au groupe thaïlandais Indorama, qui continue ses activités dans le site.

Les projets vus jusqu'ici montrent jusqu'à quel point la logistique devient de plus en plus importante, tant au Québec qu'en Espagne.

Marché des croisières au Québec

Un autre vecteur clé dans lequel la Stratégie maritime joue un rôle important est le marché des croisières. L'élaboration d'une politique visant à promouvoir les routes maritimes et les différents atouts de la région du Saint-Laurent favoriserait l'augmentation du nombre de touristes étrangers au Québec.

Depuis plusieurs années, on constate une augmentation du nombre de touristes espagnols dans l'Est canadien. Même si pour l'instant, peu d'entre eux sont des croisiéristes, il y aurait un potentiel à exploiter.

Autres volets de la Stratégie maritime concernant le Québec et l'Espagne

Les Espagnols sont parmi les plus grands consommateurs de poissons et de fruits de mer. À cet égard, l'Espagne constitue un marché important pour le secteur de la pêche au Québec, qui y organise habituellement des missions pour participer à des salons commerciaux.

De plus, en matière de recherche liée aux océans et à l'eau, il peut y avoir des complémentarités entre universités québécoises et espagnoles. D'ailleurs, plusieurs d'entre elles collaborent déjà, dans une large variété de domaines.

Le Québec coopère déjà avec d'autres régions espagnoles, notamment la Catalogne, qui a une importante façade maritime. Il le fait aussi avec plusieurs régions de l'Arc Atlantique, appartenant à divers États européens.

Analyse et tendances du marché

En ce moment, l'Espagne cherche à se consolider comme la plate-forme logistique du sud de l'Europe, mais aussi comme une base pour le trafic maritime mondial.

De ce fait, le flux commercial de marchandises entre les ports espagnols et les pays européens a dépassé 133 millions de tonnes, soit 26,5 % du total espagnol en 2015, ce qui représente une augmentation de 5,0 % par rapport à 2014.

Les objectifs principaux de Puertos del Estado sont :

  • d'augmenter le trafic entre les ports espagnols et les principaux ports allemands (Hambourg et Brême), avec lesquels l'Espagne échange 2,5 millions de tonnes de marchandises;
  • accueillir les nouvelles chaînes logistiques qui commencent en péninsule Ibérique et dirigent leurs marchandises vers les principaux centres de production et de consommation d'Europe.

Ports espagnols

Le trafic de marchandises correspondant à l'ensemble des ports espagnols a atteint un maximum historique chiffré à 501,8 millions de tonnes en 2015, soit une augmentation du 4,1 % par rapport à l'année précédente.

Le chiffre d'affaires pour l'ensemble des ports espagnols dépasse le milliard d'euros, soit une croissance de 2,5 % par rapport à 2014.

L'activité du système portuaire national représente environ 20 % du PIB du secteur des transports (1,1 % du PIB espagnol total). Ce système génère également plus de 35 000 emplois directs et 110 000 emplois indirects.

À travers les ports espagnols circulent environ 60 % des exportations de l'Espagne vers les autres pays de l'Union européenne et 85 % des importations de l'Espagne depuis ces pays, ce qui représente 53 % du commerce extérieur espagnol avec le reste de l'Union européenne.

En 2015, le vrac solide a été la catégorie de marchandises la plus échangée, avec une croissance de 4,33 %.

Trafic des principaux ports espagnols

Des 28 administrations portuaires espagnoles, cinq se trouvent parmi les 125 plus importantes du monde, ce qui consolide la force stratégique maritime de l'Espagne.

En 2015, les six ports espagnols ayant connu le plus grand trafic portuaire ont été :

  • Algésiras (98 millions de tonnes);
  • Valence (70 millions de tonnes);
  • Barcelone (47 millions de tonnes);
  • Bilbao (33 millions de tonnes);
  • Carthagène (32 millions de tonnes);
  • Tarragone (23 millions de tonnes).

En tonnage brut, le principal port espagnol est celui d'Algésiras, l'un des plus importants de l'Europe, à la lisière entre trois continents (l'Europe, l'Afrique et les Amériques), et entre l'océan Atlantique et la mer Méditerranée. C'est surtout un port de transit ou de passage, où les marchandises changent de bateau, mais où une faible proportion d'entre elles se dirigent vers l'hinterland de sa région.

Au deuxième rang vient Valence, le port commercial occupant le premier rang en Méditerranée occidentale concernant le volume de marchandises en conteneur. Afin de soutenir son niveau d'activité, Valence compte sur des installations modernes dans une zone d'environ 600 hectares, avec plus de 12 000 mètres linéaires de quai. On estime que ce port génère, directement ou indirectement, plus de 15 000 emplois.

Le port de Barcelone est le premier de la Méditerranée en commerce d'automobiles. Douze pour cent des marchandises qu'il reçoit de l'étranger arrivent à la zone portuaire ou bien la quittent en train. Autour de lui, plusieurs infrastructures interconnectées se sont établies dans un espace très restreint (aéroport, autoroutes et voies ferrées). Les investissements récents de l'entreprise chinoise Hutchinson contribuent à renforcer son caractère nodal en Europe méridionale (un conteneur peut arriver à Barcelone en 20 jours de la Chine et en 15 jours de la Malaisie). À l'heure actuelle, la Chine est le premier client et le premier fournisseur international du port de Barcelone (40 % des importations et 11 % des exportations de conteneurs du port).

Le port de Tarragone est le deuxième port catalan, très axé sur les produits pétroliers, industriels et chimiques.

Le port de Bilbao est un important centre de logistique et de transport de l'Arc Atlantique européen. Son influence s'étend sur la moitié nord de la péninsule Ibérique et le sud de la France. Ainsi, sa situation géographique lui permet d'être très bien connecté avec les principaux marchés américains et du nord de l'Europe. Ce port a aussi connu une importante augmentation du commerce avec des pays asiatiques comme la Chine ou l'Inde.

Les échanges commerciaux les plus importants des ports espagnols correspondent à la catégorie des marchandises générales, avec 219,1 millions de tonnes. Pour cette catégorie, les principaux ports en 2015 étaient :

  • Valence (59,8 millions de tonnes);
  • Algésiras (58,6 millions de tonnes);
  • Barcelone (26,4 millions de tonnes); 
  • Las Palmas (17,5 millions de tonnes).

Ensuite vient le commerce de vrac liquide, avec 153,4 millions de tonnes. Dans ce cas, les principaux ports sont :

  • Carthagène (24,2 millions de tonnes);
  • Huelva (22,9 millions de tonnes);
  • Algésiras (22,7 millions de tonnes);
  • Tarragone (19,1 millions de tonnes);
  • Bilbao (15,1 millions de tonnes); 
  • Barcelone (10,4 millions de tonnes).

Ports canadiens

Trafic dans les principaux ports canadiens 

En ce qui concerne les ports canadiens, il existe une séparation nette en matière de tonnage entre la côte est et la côte ouest. La côte est se trouve dominée par les ports québécois, tandis que la côte ouest est pratiquement monopolisée par le port de Vancouver, à cause de ses échanges avec les principaux ports asiatiques.

En 2015, les six principaux ports canadiens relativement au trafic portuaire total ont été :

  • Vancouver (138 millions de tonnes);
  • Montréal (32 millions de tonnes);
  • Port-Cartier (27,8 millions de tonnes);
  • Sept-Îles (22,7 millions de tonnes);
  • Québec (21 millions de tonnes);
  • Halifax (3,8 millions de tonnes).

Relation entre le Canada et les principaux ports espagnols

En moyenne, l'évolution du commerce bilatéral portuaire entre le Canada et l'Espagne a été positive entre 2005 et 2015.

La période de plus forte croissance a été observée entre 2007 et 2009, mais le maximum a été atteint en 2011, avec un trafic de 6 millions de tonnes.

Ensuite, de 2011 à 2014, le trafic bilatéral s'est réduit de nouveau à moins de 5 millions de tonnes. En revanche, 2015 a montré une reprise graduelle.

Grosso modo, l'évolution des exportations et des importations de l'Espagne est similaire pour les ports québécois et les ports canadiens. Dans les ports du Québec, le maximum est également arrivé en 2011, où il s'est situé aux alentours de 4,5 millions de tonnes. Cela indique que la plus grande partie du trafic commercial maritime entre le Canada et l'Espagne se fait à travers les ports québécois.

Commerce maritime entre l'ensemble des ports québécois et espagnols
Années Exportations du Qc vers l'Espagne Importations du Qc (depuis l'Espagne) TOTAL
Source : Bureau du Québec à Barcelone, à partir de données de Puertos del Estado
2005 1 110 947,00 471 331,00 1 582 278,00
2006 991 935,00 456 613,00 1 448 548,00
2007 1 226 108,00 439 345,00 1 665 453,00
2008 1 600 762,00 696 025,00 2 296 787,00
2009 3 417 911,00 706 287,00 4 124 198,00
2010 2 834 731,00 1 018 483,00 3 853 214,00
2011 3 304 073,00 1 054 725,00 4 358 798,00
2012 1 910 305,00 1 475 064,00 3 385 369,00
2013 2 677 725,00 1 002 736,00 3 680 461,00
2014 1 814 980,00  339 164,00   2 154 144,00
2015 1 865 325,00 411 595,00 2 276 920,00
TOTAL 22 754 802,00 8 071 368,00 30 826 170,00

On peut constater que le trafic de marchandises par voie maritime entre le Québec et l'Espagne a beaucoup fluctué depuis le début de la crise économique en 2007. On repère notamment une première étape de croissance du commerce maritime jusqu'en 2011, suivie d'une diminution pendant les dernières années de l'étude. Nous pouvons supposer que cette diminution était liée à la conjoncture économique mondiale.

En effet, 2012 a connu une baisse de la demande de produits importés aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. La croissance en volume du commerce mondial de marchandises s'est également ralentie 2.

En 2013, l'économie mondiale a fléchi, en raison de la baisse de l'activité économique dans les régions en développement. En même temps, la croissance du trafic maritime mondial a ralenti pour atteindre une moyenne de 3,8 %, avec un volume total de près de 9,6 milliards de tonnes.

Même si 2015 a vu une légère hausse du commerce maritime entre le Québec et l'Espagne, il va sans dire que la performance du commerce maritime international demeure exposée aux incertitudes entourant l'économie et le commerce à l'échelle mondiale.

Commerce bilatéral entre les principaux ports espagnols et québécois

Classement des principaux ports québécois faisant du commerce avec l'Espagne en 2015

Exportations (tonnes métriques)

Source : Bureau du Québec à Barcelone, à partir de données de Puertos del Estado

Port-Cartier

1 608 686  

Montréal

154 341  

Sorel

63 173  

Matane

11 917  

Écluse Côte-Sainte-Catherine

11 025  

Trois-Rivières

8 483  

Total du Québec

1 865 325  


Importations (tonnes métriques)

Source : Bureau du Québec à Barcelone, à partir de données de Puertos del Estado

Montréal

227 745  

Bécancour

72 824  

Pointe-Noire

36 723  

Port-Alfred

31 131  

Québec

22 936  

Sorel

13 003  

Total au Québec

411 595  

En 2005, les exportations de produits québécois vers l'Espagne étaient de 1 110 950 tonnes, et le poids des importations ne dépassait pas les 500 000 tonnes. Cette proportion est demeurée constante jusqu'en 2008, année où les exportations ont connu une hausse que les importations ont mis trois ans à expérimenter.

C'est en 2011 que les exportations ont chuté, ce qui ne fut pas le cas des importations.

Depuis 2012, les importations n'ont pas cessé de diminuer, descendant jusqu'aux chiffres de 2005, alors que les exportations se sont maintenues aux niveaux de 2012 après un pic en 2013.

Remarquons que la ligne de régression du commerce bilatéral maintient une pente positive, car la croissance a atteint 175 % jusqu'en 2011, alors que la diminution n'a été que de 48 % depuis. 

Sur le plan des exportations, en 2005, le principal port d'origine des marchandises quittant le Québec pour se diriger vers l'Espagne était celui de Montréal, avec 490 461 tonnes, suivi de Port-Cartier avec 367 395 tonnes. Ce classement s'est inversé en 2015, où Port-Cartier est devenu le principal port exportateur de marchandises vers l'Espagne avec 1 608 686 tonnes, suivi de loin par le port de Montréal avec 154 341 tonnes.

La croissance exponentielle du tonnage annuel de Port-Cartier s'explique par une importante production de fer dans la région, production qui est par la suite exportée en vrac.

Produits exportés de Port Cartier en Espagne en 2015
(en tonnes métriques)
Minérai de fer 1 498 032
Fèves de soja 59 955
Céréales et leurs farines 50 699

À noter que le minerai de fer constitue 93 % des marchandises exportées en Espagne à partir de Port-Cartier, et que dans la totalité des cas, ces marchandises arrivent au port de Gijón, sur la côte nord-atlantique de l'Espagne.

Le soja de Port-Cartier arrive à Barcelone, alors que les céréales débarquent à Cadix, Santander et Tarragone.

Concernant les importations vers le Québec, le port de Montréal est le plus important. Autant en 2005 qu'en 2015, les importations faites par le port de Montréal sont largement supérieures à celles de tout autre port québécois.

Produits importés au port de Montréal en provenance de l'Espagne en 2015
(en tonnes métriques)
Produit Tonnage  
Articles divers 124 123
Bitumes et asphaltes naturels 63 951
Vins 33 094
Fruits et comestibles 32 889
Essence à moteur 28 867
Produits céramiques 28 056
Chaudières et machines 22 055
Essence à turbine pour avion 20 048
Papiers et cartons couchés 17 601
Préparations de légumes, de fruits et d'arachides 15 349

Le port de Montréal possède une situation géographique privilégiée qui lui permet d'atteindre plus de 100 millions de consommateurs en moins de 36 heures de train. Il est le premier port de conteneurs en importance de l'est du Canada et un port d'envergure internationale relié à plus de 80 pays. Le port de Montréal se distingue particulièrement sur l'Atlantique Nord en servant, en toute saison, les marchés de l'Europe du Nord et de la Méditerranée.

Produits exportés au port de Montréal en provenance de l'Espagne en 2015
(en tonnes métriques )
Produit Tonnage  
Articles divers 59 673
Lentilles sèches 35 785
Légumes, plantes et racines alimentaires 18 283
Pâtes de bois, déchets et rebuts de papier 14 696
Pièces et accessoires d'automobiles 13 114
Papier journal, en rouleaux ou en feuilles 8 634
Fèves de soja 8 600
Autres articles confectionnés 6 757
Millet, alpiste et autres céréales 6 284
Chaudières et machines  5 431

Le commerce maritime entre les ports québécois et ceux de la Méditerranée est en croissance depuis vingt ans, au détriment des ports de l'Europe du Nord, qui conserveraient cependant toujours la plus grande proportion du trafic se rapportant au commerce européen avec l'Atlantique Nord. Il est prévu que cette croissance se maintienne, ce qui favorisera de plus en plus les principaux ports espagnols.

D'ailleurs, l'accord économique et commercial global conclu entre le Canada et l'Europe devrait avoir une incidence importante sur le trafic par conteneurs au port de Montréal, déjà en croissance de 7,2 % de 2013 à 2014. Sans l'accord, qui pourrait entrer en vigueur en 2016 ou en 2017, les marchés européens représentaient déjà près de 45 % du trafic total en 2013. En mai 2015, la PDG de l'Administration portuaire de Montréal, Sylvie Vachon, estimait à 20 % l'augmentation du volume de marchandises qui découlera de cet accord de libre-échange.

En 2015, Gijón a été de loin le principal port espagnol en volume de marchandises québécoises débarquées. Elles proviennent surtout de Port-Cartier dans la catégorie du vrac solide. De façon plus modeste, Valence a aussi expédié des marchandises générales vers le port de Montréal et elle a reçu un grand nombre d'exportations provenant de ce port. Cela pourrait s'expliquer par le rôle transitaire que possède le port valencien. Historiquement, les ports espagnols ont aussi échangé des marchandises avec d'autres ports québécois comme celui de Bécancour, et plus récemment avec celui de Sorel.

En conclusion, pendant la période analysée, allant de 2005 à 2015, le trafic portuaire de part et d'autre a présenté une tendance vers la hausse, mais il ne faut pas négliger les fortes variations que provoque l'instabilité de l'économie et du commerce à l'échelle mondiale.

Marché des croisiéristes

En 2014, les administrations portuaires canadiennes ont accueilli plus de 1,5 million de croisiéristes. Le circuit Canada–Nouvelle-Angleterre propose aux croisiéristes internationaux de nombreux itinéraires reliant plusieurs villes américaines et québécoises.

La clientèle des croisiéristes est très concentrée dans la période automnale, et les marchés principaux sont l'Amérique du Nord, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Il y a peu de croisiéristes espagnols (environ 2 %).

En 2015, le port de Québec a occupé une place de choix dans un marché international compétitif, avec l'accueil record de plus de 168 620 passagers. Cette même année, il a accueilli 122 escales en tout, de 29 navires différents.

L'Europe est la destination la plus courue des croisiéristes. Selon un rapport réalisé par la compagnie Cruise Holidays International, les dix itinéraires les plus populaires se trouvent sur le Vieux Continent. Par contre, en 2016, le Québec continue à être la destination de premier plan dans le marché Canada–Nouvelle-Angleterre. Les croisières du Saint-Laurent ont accueilli en 2015 plus de 275 000 passagers et 100 000 membres d'équipage, soit plus du double des chiffres de 2008.

En 2016, il est prévu que les croisières du Saint-Laurent accueilleront 280 000 passagers et 102 000 membres d'équipage dans ses neuf ports structurés et qualifiés pour accueillir les croisières :

  • Montréal;
  • Trois-Rivières;
  • Québec;
  • Saguenay;
  • Baie-Comeau;
  • Sept-Îles;
  • Havre-Saint-Pierre;
  • Gaspé;
  • Îles-de-la-Madeleine.

Ce succès exige une mise à niveau des infrastructures afin de mieux gérer l'achalandage et l'expérience des croisiéristes. Dans le budget de 2015-2016, le gouvernement du Québec a prévu un investissement de 55 millions de dollars pour les projets d'infrastructures d'accueil portuaires de Québec (35 millions) et Montréal (20 millions).

En Espagne, le marché des croisières est plus développé qu'au Canada. En 2015, le nombre de croisiéristes en Espagne a battu le record historique, en atteignant 8,4 millions, ce qui représente une augmentation de 9,4 % par rapport à l'année précédente. Voici les ports espagnols qui ont accueilli le plus grand nombre de croisiéristes au cours de l'année :

  • Barcelone (2,54 millions);
  • Baléares (1,75 million);
  • Las Palmas (1,25 million);
  • Santa Cruz de Tenerife (933 000);
  • Baie de Cadix (411 500).

Le port de Barcelone a donc consolidé sa position comme premier port de la Méditerranée dans ce segment de marché. Il compte six terminaux maritimes exclusivement réservés aux navires de croisière. Barcelone est aussi le premier port de croisières en Europe et le quatrième dans le monde, uniquement dépassé par des ports américains (Miami, Port Everglades et Port Canaveral).

Au cours des dix dernières années, plus de 100 millions d'euros ont été investis dans la construction, l'agrandissement et la modernisation des infrastructures de croisières à Barcelone, ce qui contribue à la croissance du nombre de touristes venus de partout.

Évolution du nombre de croisiéristes canadiens au port de Barcelone
Année Croisiériste  
2006 42 079
2007 52 975
2008 62 233
2009 64 544
2010 70 507
2011 79 717
2012 72 259
2013 77 977
2014 59 108
2015 63 508

De même, le port de Barcelone est le port espagnol qui reçoit le plus grand nombre de croisiéristes provenant du Canada (autour de 3 % du nombre total de voyageurs qui débarquent à la métropole catalane).

Il faut remarquer que le marché des croisières n'est pas des plus rentables en termes stricts de gestion portuaire, mais qu'il est favorisé à Barcelone en raison de sa rentabilité sociale pour la région en matière de revenus touristiques, domaine où il acquiert une importance capitale.

Concurence

Actuellement, l'Europe est l'une des régions du monde ayant les plus fortes densités portuaires : sur ses côtes se situent plus de 1 200 ports commerciaux. Depuis plusieurs années, la façade nord-atlantique du continent regroupe les principales places du commerce maritime. En tête du classement se trouvent les ports d'Anvers, de Rotterdam et de Hambourg. Cependant, ces derniers temps, on constate une forte croissance chez les ports méditerranéens, comme il a déjà été évoqué. L'une des principales raisons en est sans doute l'excellente situation géographique de Méditerranée, à laquelle s'ajoute l'essor du trafic du Sud-Est asiatique qui transite par le canal de Suez.

Stratégie d'entrée sur le marché

La Stratégie maritime présente aux entreprises québécoises et espagnoles une occasion de croissance et d'amélioration dans différents segments, dont les deux suivants.

Marché des marchandises

Avant que l'entreprise décide d'entrer dans ce marché, il lui est fortement recommandé d'avoir élaboré une étude du segment dans lequel elle évolue. De même, il est grandement conseillé à cette entreprise de réaliser une analyse des coûts et des bénéfices. De cette façon, l'entreprise pourra estimer si le contexte va favoriser le bon développement de ses affaires.

Marché des croisières

Le marché des croisières au Québec reste à peu près inconnu des Espagnols. Pourtant, le nombre de visiteurs espagnols au Québec suit une tendance croissante. Pour que ce segment puisse progresser davantage, il est fortement conseillé aux entreprises d'améliorer la promotion des croisières du Québec sur le marché touristique espagnol.

Les évènements majeurs

SIL (Salon international de la logistique, Barcelone; www.silbcn.com.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité.)
 
Le SIL est un évènement annuel de rencontre des professionnels de la logistique, de l'entreposage et du transport, notamment de l'Espagne, de l'Europe du Sud et du bassin méditerranéen.  

FITUR (Salon international du tourisme, Madrid; www.ifema.es/fitur_01.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité.)

Ce salon serait à considérer pour la promotion touristique du Québec, qui devrait inclure le marché des croisières.

Les conseils pratiques

Les installations portuaires espagnoles cherchent à attirer le trafic des marchandises provenant de l'autre côté de l'Atlantique. Ainsi, la croissance du trafic des marchandises entre l'Espagne et le Québec et l'amélioration constante des installations portuaires espagnoles témoignent des occasions qu'offre le transport maritime bilatéral. 

Les liens utiles

Principaux ports espagnols :

Institutions gouvernementales :

  • Ministerio de Fomento (ministère des Infrastructures, du Transport, du Territoire et de l'Habitation d'Espagne ) : www.fomento.gob.es.  Ce lien mène à un site qui n'est peut-être pas soumis au standard gouvernemental sur l'accessibilité.

1. Pour plus de précisions, voir le Real Decreto 707/2015, du 24 juillet 2015, par lequel se fait la régulation du Fondo Financiero de Accesibilidad Terrestre Portuaria.

2. Données de l’Étude sur les transports maritimes en 2014, publiée par l’UNCTAD. 

Contactez
Direction des marchés de l'Europe

Téléphone :
514 499-2185

Sans frais :
1 855 997-6787

Adresse postale :
380, rue Saint-Antoine Ouest, 5e étage
Montréal (Québec)
H2Y 3X7

Voir plus d'informations
Précédent
Plan économique du Québec - Mise à jour novembre 2017 Québécois, notre façon d'être canadien Stratégie numérique du QUébec - Bilan de la consultation Le Québec dans le monde : s'investir, agir, prospérer Ensemble on fait avancer le Québec Stratégie maritime du Québec Le plan économique du Québec Propulser le Québec par l'électricité
Suivant